3 questions à Philippe Marcus (IRCP), lauréat de la prestigieuse ERC Advanced Grant

 

Philippe Marcus, qui est Directeur de Recherche au CNRS et  dirige l’équipe Physico-Chimie des Surfaces (Institut de Recherche de Chimie Paris – Chimie ParisTech/CNRS),  est lauréat d’une prestigieuse  ERC Advanced Grant,  qui lui permettra de mener à bien ses travaux de recherche au cours des prochaines années avec un soutien exceptionnel.

Les objectifs de son projet sont de comprendre et maîtriser les relations entre structure et composition chimique de surfaces de métaux et alliages, et les propriétés des interfaces métal/gaz et métal/liquide, de l’échelle nanométrique aux propriétés macroscopiques. Des travaux essentiels qui trouvent des applications dans des domaines comme les matériaux et l’énergie. 

Vous êtes lauréat cette année d’une prestigieuse ERC Advanced Grant. Expliquez nous votre projet ?

Le projet qui m’a permis de remporter cet appel d’offres et de bénéficier de la prestigieuse ERC Advanced Grant porte sur les interactions des matériaux avec leur environnement. Cette interaction se produit de façon  préférentielle sur la surface et elle est responsable du vieillissement des matériaux. C’est là un enjeu important pour notre société, qui aspire à  un développement plus durable, à une fiabilité accrue, à une meilleure sécurité des installations et des équipements et à des innovations dans le domaine des matériaux et des procédés afin  d’améliorer nos conditions de vie.


Mon projet est bâti sur trois piliers, correspondant chacun à une idée nouvelle concernant les mécanismes d’initiation de la corrosion des métaux et alliages, dont la validation fera l’objet d’une approche rigoureuse et systématique couplant la science des surfaces et des interfaces et l’électrochimie.


Si ces idées sont validées, cela constituera une avancée spectaculaire dans le domaine concerné. Dans le cas contraire les résultats feront de toute façon progresser considérablement les connaissances. Cette manière de voir les choses est bien en accord avec le critère « high risk, high gain » qui est, avec l’excellence, un critère de sélection pour l’ERC Advanced Grant.

 

Quel a été le déclic qui vous a donné envie de vous lancer dans ce projet ERC?

Je pense qu’un chercheur qui est déjà parmi les plus reconnus de son domaine au niveau international est tout naturellement attiré par cette forme de compétition, avec la perspective de pouvoir bénéficier d’un soutien exceptionnel. Il est rarissime de nos jours de pouvoir embaucher plusieurs doctorants et post-doctorants sur un même programme scientifique, sans avoir besoin de rechercher des cofinancements multiples ou d’entrer dans de larges consortiums de partenaires dont la gestion est souvent  lourde. L’ERC permet cela!

Que représente ce succès pour vous ?

 Ce succès m’inspire un sentiment de fierté, bien sûr. Le Panel ERC « Physical and Analytical Chemical Sciences », dans lequel mon projet a été déposé, couvre un très large domaine de la chimie. Pour réussir à décrocher une ERC Advanced Grant il faut être parmi les leaders de son domaine, avoir un projet novateur mais aussi démontrer  que des questions scientifiques majeures sont portées par ce domaine et que la réponse à ces questions permettra en aval de réaliser des développements technologiques significatifs.

Je ne voudrais pas oublier de mentionner ici le rôle important de mon équipe de recherche à Chimie ParisTech, sans laquelle il n’aurait pas été possible de construire, au fil des années, les bases nécessaires à la conception d’un tel projet.