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Update 20/02/10
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Responsables : V. Maurice, P. Marcus
L’objectif des recherches menées sur ce thème est d’établir les relations, à l’échelle atomique et nanométrique, entre la structure et les premières étapes de réaction à l’interface métal/gaz. Le terme métal désigne ici la nature du substrat (métal pur ou alliage), dont la surface est soit à l’état métallique soit à l’état oxydé obtenu par une oxydation contrôlée par voie thermique. Ce thème inclut l’étude des mécanismes de croissance, de la structure et de l’hydroxylation de films minces d’oxydes formés thermiquement par réaction en phase gazeuse sur des monocristaux métalliques. L’adsorption moléculaire ou dissociative de petites molécules inorganiques ou organiques ainsi que leur co-adsorption est étudiée sur des surfaces métalliques modifiées ou non par des couches adsorbées ou des films ultra-minces d’oxyde. Au cours de la période 2004-2007, la laboratoire a poursuivi des recherches sur les couches d’oxydes pour l’intercalation du lithium, ayant des applications dans le domaine des micro-batteries.
Nous illustrons les
travaux de cette thématique par le fait marquant suivant. Spectroscopie d’extrême surface à l’échelle nanométriqueF. Wiame, V. Maurice, P. Marcus (LPCS, UMR7045) Contexte : L'introduction par Michelin, dès 1937, de renforts métalliques (fils d’acier enrobés de laiton) dans les armatures de ses pneumatiques contribua de manière décisive à l'augmentation de leur longévité et de leur niveau de performance. En 2007, c’est la maîtrise de l’interface caoutchouc–métal à l’échelle nanométrique qui est un enjeu scientifique et technique majeur pour augmenter la durée de vie et les performances des pneumatiques. Objectif : L’objectif de notre travail de recherche est de mieux comprendre, afin de mieux les maîtriser, les étapes initiales d’oxydation et de sulfuration d’une surface de laiton. Ainsi, la réactivité de la surface de l’alliage modèle constitué par un monocristal Cu0.7Zn0.3(111) à 120°C en présence d’O2 (7.0×10–7 mbar) a été étudiée en détail, à l’échelle nanométrique, à l’aide des techniques de microscopie et de spectroscopie à effet tunnel (STM/STS). Résultats : Nous avons montré [1] que l’oxydation à 120°C de la surface orientée (111) du laiton conduit à la formation d’îlots de ZnO, suite à une oxydation préférentielle et à la ségrégation de Zn de volume qui vient s'oxyder à la surface. La surface après oxydation a été caractérisée par STM et STS. Cette dernière technique consiste à mesurer, pour chaque point d’une image, l’évolution du courant tunnel entre une pointe polarisée et la surface de l’échantillon, en fonction de la tension de polarisation. La figure ci-dessous présente trois images, enregistrées simultanément, d’une même région de la surface saturée en oxygène à 120°C. On constate la présence d'îlots de quelques nanomètres à quelques dizaines de nanomètres de large et de 1 à 2 nm de hauteur apparente. Alors que
sur l'image topographique (image a), il est difficile de distinguer les régions
oxydées, l'image en courant obtenue à –2.9 V (image b) permet de
distinguer très nettement les régions couvertes d'oxyde (régions sombres) des
régions non couvertes (régions claires). Pour une tension de 2.0 V (image
c), l'image en courant permet de distinguer deux types d'îlots (mis en
évidence sur les images). Ces différences dans les structures électroniques
d’extrême surface peuvent être expliquées par des orientations
cristallographiques différentes de l’oxyde, par exemple des surfaces (0001)
et (
Etude
par STM et STS de la surface oxydée de l’alliage monocristallin Cu0.7Zn0.3
d’orientation cristallographique (111). (a) image topographique (3.0 V, 0.2 nA), Conclusion : La spectroscopie à effet tunnel (STS), utilisée pour la première fois pour l’étude de surfaces d’alliages (CuZn), nous a permis d’identifier, à l’échelle nanométrique, des structures de nature chimique différente grâce à la mise en évidence de variations dans les densités locales d’états mesurées. [1]
F. Wiame, V. Maurice, P. Marcus, Surface Science, 2007, sous presse.
Responsable : P. Marcus
L’électrochimie des surfaces et la corrosion constituent une thématique forte du laboratoire. L’utilisation d’électrodes monocristallines d’orientation cristallographique bien définie est à la base des travaux réalisés au laboratoire sur ce thème. Les mesures électrochimiques réalisées sur des surfaces métalliques monocristallines permettent de déterminer la relation entre la structure de la surface à l’échelle atomique, et son comportement électrochimique : phénomènes de polarisation (nanocondensateurs, potentiel de charge nulle), adsorption d’hydroxyles. L’une des originalités des recherches effectuées au laboratoire sur le thème de la corrosion des métaux et alliages réside dans l’approche des phénomènes de corrosion à l’échelle atomique ou moléculaire, et la réalisation de la jonction entre la compréhension des mécanismes à cette échelle et les manifestations macroscopiques de la corrosion. Au cours de cette période de contractualisation, un bon équilibre et une bonne complémentarité entre les recherches à caractère fondamental et les recherches finalisées réalisées en partenariat avec des industriels a été maintenu. Le LPCS a poursuivi, au cours de la période 2004-2007 des recherches sur les propriétés d’intercalation des couches minces d’oxydes et sur les mécanismes de vieillissement et de dégradation de ces couches d’oxydes. C’est un domaine dans lequel les compétences du laboratoire peuvent être mises à profit. Nous illustrons les
travaux de cette thématique par le fait marquant suivant. Mécanisme de vieillissement de couches minces d’oxyde métalliqueJ. Światowska-Mrowiecka, V. Maurice, L. Klein, S. Zanna, P. Marcus (LPCS, UMR 7045) Contexte : Le développement des micro-batteries au lithium pour appareils électriques nomades requiert des matériaux d’intercalation toujours plus performants pour le stockage de l’énergie. La maîtrise du vieillissement des propriétés d’intercalation de couches minces d’oxyde métallique est un enjeu scientifique et technique majeur pour augmenter la durée de vie et les performances des micro-batteries. Objectif : L’objectif de notre travail de recherche est de mieux comprendre, afin de mieux les maîtriser, les mécanismes de dégradation des propriétés d’intercalation du lithium de couches minces d’oxyde de vanadium. Les modifications chimiques et nanostructurales induites par l’intercalation électrochimique de lithium dans des couches minces de V2O5 ont été étudiées en utilisant une boite à gants permettant d’effectuer les tests d’intercalation dans des conditions anhydres et anaérobies et de transférer les échantillons directement pour des analyses XPS et AFM ex situ ou in situ sous contrôle du potentiel électrochimique. Résultats : Nous avons montré [1] que l’oxydation du vanadium métallique à 490±10°C et P(O2)=850 mbar conduit à l’obtention de couches minces d’oxyde très performantes pour l’intercalation du Li avec une chute de capacité inférieure à 20% sur 2000 cycles réalisés dans un électrolyte de LiClO4-PC 1 M entre 2,8 et 3,8 VLi/Li+. L’analyse combinée par XPS, RBS et AFM nous a permis de démontrer que la cause majeure de la chute de capacité est la perte de matériau actif V2O5. Les images AFM révèlent la formation de piqûres dont les dimensions sont compatibles avec l’exfoliation des grains cristallisés de V2O5 formant la couche externe du film d’oxyde (cf. figure ci-dessous). Le fond des piqûres correspond alors à la partie interne du film d’oxyde mesurée par RBS et constituée de VO2 (ou d’un mélange VO2 et V2O5) en accord avec l’augmentation de la concentration en V4+ mesurée par XPS. L’analyse AFM in situ montre que la décohésion du film d’oxyde aux joints de grains résulte d’un mécanisme de fatigue dû aux contraintes cycliques engendrées par les augmentations et diminutions répétées des dimensions des grains d’oxyde sous l’effet des distorsions du réseau d’intercalation
Évolution
de la capacité en fonction du nombre de cycles d’intercalation du lithium
dans un film de V2O5 et images AFM obtenues après 750
cycles montrant la perte de matériau actif par exfoliation des grains en
surface du film d’oxyde. Conclusion : L’analyse combinée par XPS, RBS et AFM de la surface de couches minces d’oxyde (V2O5) nous a permis d’identifier le rôle crucial joué par les joints de grains dans le mécanisme de dégradation des propriétés d’intercalation par perte de matériau actif. [1] J. Światowska-Mrowiecka, V. Maurice, L. Klein, S. Zanna, P. Marcus, Journal of Power Sources 170 (2007) 160-172.
Responsables : I. Frateur, A. Galtayries Dans les actions scientifiques de ce thème sont abordées les questions liées à la caractérisation de biomatériaux (composition de surface, résistance à la corrosion), à l’interaction de surfaces métalliques ou oxydées avec des biomolécules (protéines telles que l’albumine et la fibronectine), et à la compréhension des interactions entre protéines et cellules osseuses ou protéines et bactéries. Les recherches menées sur ces sujets vont des plus modèles, caractérisation de surfaces d’alliages de micro-structure contrôlée, caractérisation de surfaces de métaux et alliages après stérilisation, adsorption d’albumine sur chrome et sur acier inoxydable ferritique à différents pH, avec ou sans chlorure et différents modes opératoires, à l’adsorption de fibronectine sur Cr, FeCr, Ti, TiZrNi dans des conditions biologiques (37°C, pH 7) jusqu’à la caractérisation de surfaces en présence de micro-organismes, et l’étude de la résistance à la corrosion d’alliages commerciaux de fils orthodontiques. Quatre aspects de ces recherches ont connu un développement important depuis 2004 : - la caractérisation des couches de biomolécules adsorbées, des couches d’oxydes et du métal sous-jacents, à haute résolution par spectroscopie électronique XPS, - le suivi in situ de l’interaction de protéines avec des surfaces métalliques de Ti et de Cr par microbalance à quartz sous contrôle du potentiel (EQCM), - l’étude de l’interaction de fibronectine avec des surfaces de métaux et d’alliages et de polystyrène, dans des conditions biologiques, et les essais de croissance cellulaire sur ces surfaces, en collaboration avec l’équipe Biomatériaux et Biocompatibilité de l’UMR 6600 de l’UT Compiègne, dans le cadre du PNIR CNRS Biofilms, - l’étude de la réactivité de la surface de nouveaux matériaux base titane, nanostructurés, en collaboration avec l’INSERM (Paris) et des équipes internationales. Ces recherches ont démarré avec le rattachement de l’équipe de métallurgie structurale de l’ENSCP (janvier 2005).
Nous illustrons les
travaux de cette thématique par le fait marquant suivant. Adsorption de fibronectine sur Ti : compréhension des mécanismes de surface et bio-mimétismeAnouk Galtayries, Isabelle Frateur, Vincent Payet, Philippe Marcus (LPCS, UMR 7045)
Responsable : D. Costa, B. Diawara Cette thématique constitue maintenant une thématique autonome qui couvre à la fois les différentes méthodes de modélisation (simulation atomistique, méthodes quantiques DFT et semi empiriques, calculs de structure électronique et de spectres IR et XPS) et les domaines d’application en relation étroite avec les études expérimentales réalisées au sein du laboratoire (corrosion de surfaces métalliques, rupture localisée de la passivité, adsorption et coadsorption de petites molécules sur des surfaces métalliques ou oxydées, interaction entre biomolécules et surfaces d’oxydes). Nous illustrons les
travaux de cette thématique par le fait marquant suivant. Modélisation des mécanismes de rupture de couches passives d’oxyde de Ni en présence d’ions chloruresBoubakar Diawara, Asmae Bouzoubaa, Vincent Maurice, Philippe Marcus (LPCS, UMR 7045) Contexte :
En présence d’ions chlorures, les couches passives
peuvent se dégrader localement, exposant le substrat métallique à la
corrosion localisée. Les études expérimentales effectuées au LPCS par STM et
XPS ont montré que la couche passive formée sur le nickel est constituée
d’une couche ultra-fine cristalline de NiO dont la surface est stabilisée par
hydroxylation.et que la présence de certains défauts à l’échelle atomique
est à l'origine de la corrosion localisée. Objectif :
Afin d’évaluer
les différents mécanismes proposés pour expliquer la rupture des couches
passives en présence d’ions chlorures, nous avons entrepris (en collaboration
avec le Laboratoire de Chimie Théorique de Paris VI - Christian Minot) une étude
DFT périodique (logiciel VASP) dans
laquelle nous avons modélisé la substitution et l’insertion d’ions
chlorures sur une surface hydroxylée de NiO(111) (qui correspond à la couche
passive observée expérimentalement sur le nickel). Résultats :
La substitution de groupes hydroxyles de surface par des ions chlorures
ainsi que l’insertion de chlorures dans la première couche d’oxyde ont été
étudiées pour différents taux de recouvrement de la surface en Cl-
(25%, 50%, 75% et 100%). Les
calculs sur une surface exempte de défauts à l’échelle atomique ont mis en
évidence une réorganisation importante des structures en réponse aux répulsions
électrostatiques entre les ions chlorures adsorbés quand le taux de
recouvrement augmente. En fonction du taux de recouvrement
la surface réorganisée adopte une structure locale proche de celle de
composés du Ni tels que Ni(OH)2, Ni(OH)Cl ou NiCl2. L’énergie
de substitution calculée augmente avec le taux de recouvrement en Cl-
et cette étape est énergétiquement favorable à faible taux de recouvrement
alors que l’énergie d’insertion décroît avec le taux de recouvrement en
Cl-. L’étape d’insertion devient favorable énergétiquement
pour des taux de recouvrement supérieurs à 70%. Sur
les surfaces d’oxyde présentant des terrasses et des marches, la réorganisation
des couches superficielles a lieu principalement au niveau des marches. Les
structures émergentes de composés du Ni (Ni(OH)2, Ni(OH)Cl ou NiCl2
suivant le taux de recouvrement) sont plus proches des structures réelles que
dans le cas des surfaces sans défauts et on observe un détachement des germes
formés (cf. figure ci-dessous). La présence des défauts de surface affecte également
les aspects énergétiques de l’étape de substitution qui devient
exothermique pour tous les taux de recouvrement.
Influence
du recouvrement en chlorure sur la nature des germes formés : (a) germe de
Ni(OH)Cl (25%), (b) germe de Ni(OH)2 (50%), (c) germe de NiCl2
(100%) Conclusion :
Ces calculs indiquent que la formation et le détachement des germes de
composés du Ni peut constituer un mécanisme de dissolution de la couche
passive conduisant à la rupture de la passivité. La présence de défauts et
d’ions chlorures favorise ce processus. L’étape de substitution semble
suffisante pour expliquer la rupture localisée de la couche passive de NiO sur
des surfaces présentant des marches. 1 article dans “Passivation of Metals and Semiconductors, and Properties of Thin Oxide Layers, eds. P Marcus and V. Maurice, Elsevier (2006).
Responsable : K. Ogle L’intérêt de ce thème porte sur les fonctionnalités d’une surface métallique qui peuvent être obtenues par des revêtements métalliques, minéraux ou organiques. La stratégie est de comprendre le fonctionnement en termes des mécanismes physico-chimiques afin de définir des cibles pour la conception des nouveaux revêtements et traitements de surfaces. La réalité industrielle des traitements de surfaces est très lourde et nécessite des pilotes à très grandes échelles. Notre mission est en amont de cette réalité - fournir les clés fondamentales, les consignes, et les cibles nécessaires pour le développement des nouveaux produits fonctionnalisés à haute valeur ajoutée. Ceci nécessitera une collaboration étroite avec les industries de la métallurgie, du traitement de surfaces, des revêtements organiques et polymères, ainsi que les utilisateurs des produits finalisés (automobile, bâtiment, …) Des collaboration avec d’autres équipes de recherche publique et privée orientées vers les procédés plasma, sol-gel, électrodéposition, sont nécessaires.
Nous illustrons les
travaux de cette thématique par le fait marquant suivant. Mesure directe et quantitative de la stabilité d'une interface métal-oxyde-polymèreHanane Bouazaze, Polina Volovitch, Kevin Ogle (LPCS, UMR 7045) Contexte : La délamination cathodique est une forme de dégradation / vieillissement très courant pour les produits métallurgiques peints ou vernis. Dans cette forme très destructive de corrosion, la réaction cathodique d’un couplage électrochimique va se trouver sous le film organique. Il s’agit habituellement de la réduction d’oxygène pour former de l' hydroxyde qui, par la suite, avec les intermédiaires de la réaction (radicaux libre, peroxyde) vont détruire les liaisons polymère – oxyde avec pour résultat la perte d’adhérence du polymère. Objectifs : Dans un travail en cours, nous développons un modèle numérique de la délamination cathodique et la corrosion sous peinture [1]. Le problème majeur est que la relation quantitative entre l’échange d’électrons à l’interface et la perte d’adhérence est mal connue même si, dans un travail précédent, nous avons pu corréler la vitesse de délamination avec le courant sous peinture [2]. L’objectif de ce projet est de développer une méthodologie pour quantifier la relation entre la surface du polymère délaminée et la quantité d’oxygène réduite. Stratégie : L’idée est d’injecter des espèces agressives directement dans l’interface métal/oxyde/polymère en utilisant une microélectrode encastrée dans le métal en dessous du polymère (Fig. 1A). La réduction d’oxygène est localisée sur cette microélectrode. Par la suite, les produits formés diffusent dans l’interface voisine et réagissent avec le polymère – oxyde. La figure montre les résultats obtenus pour une interface Zn/ZnO/ polymère (Le polymère utilisé étant industriel, nous ne pouvons pas identifier la nature de liaison). On constate sur la Fig. 1 B, une relation linéaire entre la quantité d’oxygène réduite et la surface délaminée. Dans l’hypothèse où l’espèce réactive est l’hydroxyde, ces résultats confirment que 5x106 hydroxydes sont nécessaires pour la perte d’adhérence sur 1 nm2.
Figure. Gauche : Schéma de la méthodologie électrochimique
pour étudier la stabilité chimique de l’adhésion du polymère. La réduction
d’oxygène est localisée sur la microélectrode. Les espèces aggressifs
diffusent vers l’interface adjacente. Droite: La surface du polymère délaminée
en fonction de la quantité d’oxygène réduite.
[1] K. N. Allahar, M. E.
Orazem, K.Ogle “Mathematical model
for cathodic delamination using a porosity–pH relationship”, Corrosion
Science 49(2007)3638–3658.
Responsable : P. Vermaut rattachement à l'UMR au 1er janvier 2005.
Les matériaux métalliques, largement utilisés pour leurs propriétés structurales, peuvent avoir aussi d’intéressantes propriétés fonctionnelles et ceci constitue le thème principal de notre activité. Ces propriétés fonctionnelles sont contrôlées de deux manières, soit par une transformation de phase, la transformation martensitique dont les caractéristiques dépendent très fortement de la microstructure ; soit par l’état structural particulier du matériau, l’état amorphe ou le mélange amorphe-nanocristaux. Dans la première catégorie, la transformation martensitique confère aux alliages des propriétés singulières, l’effet mémoire simple ou double et la superélasticité ce qui fait de ces matériaux des candidats sérieux pour la réalisation d’actuateurs, dispositifs capables de réaliser une action par changement de température. Afin d’ajuster les températures à la gamme imposée par l’application (domaine des basses et moyennes températures pour les applications dentaires, automobile et électrotechnique ; domaine des hautes températures pour l’industrie aéronautique), nous pouvons jouer sur la microstructure et sur la composition chimique. La superélasticité obtenue dans les alliages Ti-b métastables dont la composition chimique exclu le nickel, élément non biocompatible, pourrait les conduire à terme, à remplacer les alliages à mémoire de forme base TiNi dans des applications médicales. Dans la seconde catégorie, les verres métalliques possèdent d’intéressantes propriétés, comme par exemple une haute résistance mécanique par rapport à l’analogue cristallin. Bien que, ces verres soient dans un état très éloigné de l’équilibre et donc difficiles à obtenir (très grande sensibilité à la composition chimique et au mode d’élaboration), ils constituent un domaine de recherche en physique des alliages particulièrement intéressant. En outre, dans le domaine de liquide surfondu, ces alliages présentent la propriété de superplasticité ce qui conduit à une gamme de températures où la mise en forme est aisée (verres métalliques précurseurs d’alliages à mémoire de forme peu ductiles). L’état amorphe est aussi une excellente base pour le contrôle de la microstructure par traitement thermique de cristallisation (nanostructuration). L’alliance des deux aspects précédemment décrits, concerne les alliages b-métastables base-Ti qui sont d’excellents candidats pour les applications en prothèse. Leurs surfaces peuvent être dans un état nanostructuré (amorphes avec des nano précipités quasicristallins et cristallins) qui diffère de l’état microstructural du massif (cristal b-a) dont le comportement mécanique associé se rapproche des caractéristiques de l’os. La question est alors de connaître le comportement des surfaces vis-à-vis du milieu biologique et en particulier des cellules osseuses. La démarche du groupe de métallurgie
structurale consiste, pour ces alliages, à contrôler l’ensemble des étapes :
le choix de la composition, l’élaboration par des méthodes conventionnelles
et non conventionnelles (solidification rapide), l’ensemble des traitements
thermomécanique et de mise en forme, la caractérisation structurale et
thermodynamique et enfin les propriétés mécaniques et de biocompatibilité.
Nous illustrons les
travaux de cette thématique par le fait marquant suivant. Analyse des conditions d'élaboration de microstructures non conventionnelles Ti45 Zr38 Ni17 et caractérisation de la réponse cellulaire dans le cadre d'une étude de biocompatibilitéFrédéric Prima, Philippe Vermaut, Hélène Lefaix, Richard Portier (LPCS, UMR 7045)
Contexte :
Le titane est un métal de choix pour
le développement des biomatériaux en médecine orthopédique et dentaire. Les
alliages les plus fréquemment utilisés, développés au départ pour les
technologies aéronautiques, présentent aujourd’hui des limites d’ordre mécanique
et biologique : l’espérance de vie des patients étant de plus en plus
élevée, les implants doivent répondre plus longtemps au stress d’un milieu
biologique dynamique (contraintes, frottement, milieu corrosif…). De nouvelles
structures, amorphes ou quasicristallines, sont étudiées depuis plusieurs décennies
et les premiers résultats structuraux ont souligné leur possible utilisation
dans le domaine biomédical pour pallier les limites actuelles des biomatériaux
métalliques. Objectifs :L’objectif
de cette étude est double. Il s’agit d’une part d’élaborer des
structures non conventionnelles (amorphes, quasicristaux) dans le système Ti45Zr38Ni17
et de comprendre leurs critères de formation. Pour obtenir les alliages, nous
avons employé une méthode de solidification rapide, l’hypertrempe sur roue.
Les analyses structurales ont ensuite été réalisées par diffraction des
rayons X, microscopie électronique en transmission (conventionnelle et haute résolution)
et les analyses thermiques par analyse calorimétrique à balayage et résistivité
électrique. Le second axe consiste à analyser l’influence de ces structures
particulières sur les propriétés de surface du matériau et sur son
interaction avec le milieu biologique. Après avoir analysé par XPS la couche
d’oxyde, la réponse cellulaire a été étudiée par l’intermédiaire de
cultures primaires d’ostéoblastes suivies par les techniques habituelles dans
ce domaine (MEB/MET, marquage immunologique, dosage de protéines). Résultats:
L’hypertrempe sur roue nous a permis
d’obtenir des alliages dont la microstructure se présente sous la forme
d’une dispersion, dans une matrice amorphe, de particules nanométriques soit
cristallines (solution solide de type β) [1,2], soit quasicristallines (QC)
(Fig.1)[3]. Un contrôle précis des paramètres d’élaboration, notamment de
la vitesse de trempe, permet de moduler la proportion de chacune de ces phases
dans la matrice [2]. Les analyses thermiques par DSC et résistivité électrique
ont montré une bonne stabilité des microstructures trempées. La phase amorphe
se décompose en QC quelque soit la nature de nanoparticules après trempe ce
qui nous a permis d’observer la coexistence de QC et de précipités β.
La biocompatibilité des ces nouveaux alliages a ensuite été évaluée par le
biais de cultures primaires d’ostéoblastes. Les analyses quantitatives et
qualitatives ont démontré la biocompatibilité et la cytocompatibilité de Ti45Zr38Ni17
[4]. Les cellules adhèrent à la surface avec une morphologie
polygonale (Fig.2) et de nombreux points focaux, synonyme de viabilité à court
terme. L’expression du phénotype osseux (synthèse de protéine osseuse et
minéralisation a permis de souligner la réponse positive des cellules à plus
long terme. L’étude de la couche d’oxyde superficielle par XPS nous a
permis d’attribuer la bonne biocompatibilité
de cet alliage à la présence, à l’interface matériau/tissus, d’une
couche d’oxyde biocompatible TiO2/ZrO2 dépourvue de Ni
[5]. Nos études nous conduisent maintenant à remplacer progressivement le
Nickel par un élément chimique plus biocompatible (Nb, Ta…) tout en
conservant la propension des alliages à former des structures nanométriques.
Conclusions: La
solidification rapide permet d’élaborer de nouvelles structures Ti45Zr38Ni17,
amorphes avec des nano-particules dont il est possible de contrôler la nature
et la taille. La surface de ces microstructures est formée d’un oxyde
biocompatible TiO2/ZrO2 dépourvu de Ni qui permet aux
cellules osseuses de se développer depuis l’adhésion jusqu’à la différentiation. [1] H. Lefaix, F. Prima, P. Dubot, D. Janickovic, P.
Svec, Mater. Sci. Eng. A 449-451, 2007, 995-998. [2] H. Lefaix, P. Vermaut, D. Janickovic, P. Svec,
R. Portier, F. Prima, J. Alloys Compnd, 2008, in press. [3] H. Lefaix, P. Vermaut, R. Portier, T. Gloriant,
D. Janickovic, P. Svec, F. Prima, Proceeding
of Titanium 2007:”Processing and characterisation of rapidly quenched Ti-based
amorphous/nanoquasicrystalline composites.”, Kyoto, Japan, 3-7 June 2007. [4] H. Lefaix, A. Asselin,
P. Vermaut, J. M. Sautier, A. Berdal, R. Portier, F. Prima,
J. Mater. Sci.: Materials in Med. Doi :
10.1007/s10856-007-3248-6 [5] H. Lefaix, F. Prima, S. Zanna, P. Vermaut, P. Dubot, P. Marcus, D. Janickovic, P. Svec, Mater. Trans. 48, 3, 2007, 1-9
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